Publié par : 1mai.be | avril 4, 2008

8€ par mois en plus? Niet dit Nike

Boycott NIKE

15000 Vietnamiens sans travail , et une usine fermée… Les conséquences du refus de Nike d’augmenterses ouvriers de 8€ par mois.

Depuis lundi, 15000 ouvriers de l’usine Vietnam Ching Luh Shoes, sous contrat avec Nike, sont en grève. Objectif: obtenir une augmentation salariale. Le mouvement social a débouché sur des affrontements, et, depuis ce jeudi, sur la fermeture temporaire de l’entreprise.

«L’usine restera fermée jusqu’à ce que la direction soit sûre que tous les travailleurs soutiennent l’accord négocié, a déclaré un porte-parole de Nike, Chris Helzer. Nous espérons que les syndicats pourront faciliter un retour au travail sans danger pour tous les employés de l’usine.»

Les ouvriers réclamaient une augmentation d’environ 15%, soit 200000 dongs. Une somme qui représente seulement quelque… 8€. Selon une source syndicale, la direction ne leur avait accordé que la moitié. Une responsable syndicale a affirmé que le travail avait repris après deux jours de grève. C’est alors que les affrontements auraient éclaté, certains ouvriers refusant la fin du mouvement social.

Un tiers de la production mondiale

En terme de production, le Vietnam représente pour Nike un tiers de sa production mondiale de chaussures. Le groupe américain y sous-traite avec une cinquantaine d’usines. En décembre, ce dernier y avait déjà été confronté à une grève de plus de 10000 personnes.

En cause, l’impact énorme que l’inflation croissante a sur les Vietnamiens. Un impact que Chris Helzer, le porte-parole de la célèbre firme, reconnaît, tout en soulignant par ailleurs que l’usine touchée par la grève assure «déjà» un salaire supérieur au minimum obligatoire (des kopecks par rapport aux salaires occidentaux).

Rappelant les quelque 150 grèves recensées depuis le début de l’année, le groupe américain de vêtements et de chaussures de sport relève aussi que son cas n’était pas isolé. «Cette situation reflète les pressions économiques dans de nombreux secteurs industriels à travers le Vietnam», poursuit Chris Helzer.

Les syndicats sous étroit contrôle du régime

Les mouvements sociaux se sont multipliés ces dernières années au Vietnam, où la main-d’oeuvre -réputée bon marché – réclame de plus en plus des revalorisations salariales et de meilleures conditions de travail.

Depuis plusieurs mois, le phénomène est également entretenu par une flambée des prix à la consommation. Au premier trimestre par rapport à la même période de 2007, le pays a enregistré une inflation de plus de 16%.

La majorité des mouvements sociaux interviennent dans le sud, autour de la capitale économique Ho Chi Minh-Ville (ex-Saïgon).

Dans un pays où les syndicats restent sous l’étroit contrôle du régime, la plupart des grèves ne durent cependant généralement qu’une poignée de jours. Aux grands profits des groupes étrangers …

Source: Actu 24


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