
Malgré la hausse des prix de l’énergie et des produits alimentaires, les patrons des grandes entreprises belges n’ont pas de souci à se faire. Leur rémunération leur permet de faire face aux difficultés, même si, il faut bien le reconnaître aussi, leur poste n’est pas assuré à vie et les risques économiques qu’ils prennent sont grands.
Toujours est-il que les rapports annuels 2007 tombent les uns après les autres, et avec eux la liste des dernières rémunérations des administrateurs-délégués. Jean-Paul Votron, chez Fortis, a ainsi touché 3,91 millions brut l’année dernière. Carlos Brito, à la tête d’InBev, puissant groupe brassicole belgo-brésilien, a clôturé ses douze mois de travail par la réception d’un joli chèque de 4,25 millions. Didier Bellens, chez Belgacom, a profité d’une augmentation plaçant sa rémunération à plus de 3,5 millions.
Mérités ou pas, ces chiffres fous font scandale. Le Setca a déjà réagi contre l’inflation des salaires des patrons. Vincent Quickenborne (Open-VLD), le nouveau ministre de l’Entreprise, a, lui, préféré prendre leur défense arguant que c’est la concurrence qui veut cette inflation.
La ministre Inge Vervotte (CD & V) souhaite cependant que pour ce qui est des entreprises publiques dont elle a la charge (Belgacom, La Poste, SNCB, Loterie Nationale…), “la rémunération ne soit pas exubérante mais proportionnelle aux responsabilités” exercées.
Celle-ci va donc lancer un dialogue avec les conseils d’administration afin que, après études comparatives, un salaire plafond puisse être instauré. Pour la partie variable, ce sont des critères quantifiables qui seront pris en compte (hausse du nombre de clients, bénéfice…). Elle veut également que l’on tienne compte des extras accordés aux patrons dans le calcul global du salaire.
Source: K. F. pour La Dernière Heure
Publié dans Capitalisme, Réalité SOCIALE
